Depuis 2020 et l’arrivée de la puce M1, l’industrie du PC est à la traîne. La concurrence a bien tenté de répliquer, avec des portables gaming bruyants, des stations de travail de 3 kg ou des puces Arm prometteuses mais trop timides. Ce mercredi 7 octobre, à San Francisco, Microsoft a décidé de s’attaquer frontalement au problème, en s’appuyant sur le partenaire le plus en vue du moment : Nvidia.
Un Surface qui pense comme un Mac
Le Surface Laptop Ultra, dévoilé fin mai, a été officialisé ce soir avec ses prix et sa date de sortie. Microsoft le présente comme le Surface le plus puissant jamais conçu, et pour une fois la formule n’a rien d’exagéré. Sous le capot, on trouve la plateforme RTX Spark de Nvidia, une puce qui associe un processeur Arm (18 ou 20 cœurs) et un GPU de génération Blackwell doté de 5 120 ou 6 144 cœurs. Le tout épaulé par 24 à 128 Go de mémoire unifiée.
Ce dernier point est le plus important de toute la fiche technique. La mémoire unifiée constitue l’arme secrète d’Apple depuis les puces M : le processeur et la carte graphique piochent dans un même réservoir, au lieu de se partager une RAM classique d’un côté et une mémoire vidéo limitée de l’autre. Pour faire tourner un grand modèle de langage en local, c’est décisif. Microsoft revendique ainsi 1 pétaflop de puissance de calcul pour l’IA et la capacité de faire tourner localement des modèles allant jusqu’à 120 milliards de paramètres. Sur scène, la firme a même assuré que son portable générait la première réponse d’un modèle de langage et des images plus vite que les portables équipés de la puce M5 Pro d’Apple.
L’autre argument de poids, c’est CUDA. La plateforme de développement de Nvidia est devenue le standard de facto de l’IA, et son absence sur Mac reste l’un des arguments qui peut faire pencher la balance en faveur de Windows. Côté écran, la dalle de 15 pouces PixelSense Ultra adopte la technologie mini-LED, au format 3:2, avec 262 pixels par pouce et un pic de 2 000 nits en HDR. Microsoft revendique tout simplement la luminosité HDR la plus élevée du marché des portables. Le tout en tactile, ce que le MacBook Pro refuse toujours obstinément.
Un MagSafe en USB-C, et même Gears of War
Microsoft a aussi soigné ce qui fâche au quotidien. Le Surface Laptop Ultra aligne trois ports USB-C, un port USB-A, un HDMI, un lecteur de cartes SD pleine taille et une prise casque, soit la connectique la plus fournie de l’histoire du Surface Laptop. Le clou du spectacle s’appelle Magnetic Connect : l’un des ports USB-C est aimanté. Le câble vient se clipser tout seul et se détache en cas de chute du câble, à la manière du MagSafe d’Apple, mais sans connecteur propriétaire. Microsoft parle d’une première mondiale, et l’idée est franchement maligne.
Le format reste raisonnable pour ce type de machine : moins de 18 mm d’épaisseur et environ 2 kg sur la balance. Le système de refroidissement offre plus de 2,5 fois la capacité de dissipation des précédents portables Surface, et la machine conserverait plus de 99 % de ses performances sur batterie. Une promesse qui rappelle là encore un argument cher à Apple, et qu’il faudra vérifier en test. Le SSD est par ailleurs remplaçable par l’utilisateur, selon Notebookcheck, quand Apple soude le stockage à la carte mère.
Surprise, Microsoft n’a pas oublié les joueurs. Pendant la démonstration, Gears of War tournait à 60 fps en arrière-plan, pendant que le portable compilait du code.
Prix et disponibilité
Aux États-Unis, le Surface Laptop Ultra démarre à 2 599 $ avec la puce 18 cœurs et 24 Go de mémoire. Les précommandes sont ouvertes depuis ce soir, pour des livraisons à partir du 16 octobre. Microsoft n’a pas encore détaillé ses tarifs européens, ni le prix des configurations les plus musclées, que les fuites situaient bien au-delà de 5 000 $. Pour autant, le Surface Laptop Ultra promet un positionnement très agressif face à son concurrent direct.